dossier de presse  

PROGRAMMATION 2007

AUTRES RIVAGES
12ème FESTIVAL DES MUSIQUES DU MONDE EN PAYS D'UZES
17 juillet au 31 juillet 2007
Festival nomade dans sept sites du Pays d’Uzès

raccourcis vers :   Desert Rebel   Mahmoud   Bartos   Sœurs Faez   Badila   Flamenca   Officina  
 

EDITO 2007
      Si le choix artistique à nos débuts s’est essentiellement porté sur l’innovation, ces onze dernières années ont été consacrées, la maturité aidant, à un exercice de style autour de la défense du patrimoine immatériel de la planète.
      Il ne s’agit plus aujourd’hui seulement d’éblouir mais plutôt de revenir à la racine d'une mémoire originelle léguée par les peuples de la terre.
      Face à une société dominante, marchande d'éphémère par trop uniforme; la diversité des cultures reste une richesse précieuse mais fragile ...
      Il faut plusieurs centaines d'années, voir millénaires afin de donner naissance à une culture et seules quelques décennies suffisent parfois à l'éradiquer.
      La diversité est vitale et se décline à l'infini. Elle apparaît disparate mais elle n'en forme pas moins une cohérence plurielle aux équilïbres et interactions multiples.
      Les Musiques du Monde procèdent à une transcription de cet univers a priori chaotique et, bien que les éléments apparaissent distants et contraires, elles démontrent qu'ils appartiennent tous à un même corps en mouvement.
      Elles transmettent un héritage unique, intemporel, lié à la dimension du sacré et rappellent ainsi que l'Art continue de penser le Monde.

Autres Rivages se reflète dans ces pensées.


      Ce festival modeste par sa taille et grand dans sa générosité repose sur une équipe restreinte mais passionnée qui se dépense sans compter depuis plusieurs années.
      Il s'inscrit dans la pensée et la lignée des travaux effectués par la Maison des Cultures du Monde et le Musée du Quai Branly à Paris, les Ateliers d'ethnomusicologie de Genève, les festivals Les Orientales dé St Florent le vieil et des Musiques Sacrées du Monde de Fès




 

mardi 17 juillet
          SANILHAC 22h

Ensemble TAKRIST' NAKAL and friends
Projet DESERT REBEL

chants des Touaregs du Niger

DESERT REBEL :
    CULTURE EN RESISTANCE.
Un autre monde est possible !
La musique qui circule au-delà des frontières est un moyen de préservation et d'enrichissement des cultures, mais aussi l'ambassadeur privilégié des échanges, des rencontres, de formes de dialogues qui se transforment parfois en projets artistiques ambitieux. Aujourd'hui, alors que la planète est secouée par des conflits politiques et des désastres naturels sans fin et que la menace du "choc des civilisations" tétanise les rapports Nord-Sud, la culture est un enjeu majeur de la paix et de l'entente entre les peuples. En s'inscrivant dans l'économie mondialisée, les projets artistiques prennent un sens qui ne se résume pas au seul plaisir esthétique ou au divertissement : les ressources culturelles, comme les ressources naturelles, doivent faire l'objet d'un échange équitable, basé sur la solidarité.

C'est à partir de cette réflexion, à la suite d'une rencontre entre des musiciens touarègs et français au Niger, que le projet Désert Rebel est né. Pour ses iniateurs, ce projet est la tête de pont d'une série d'initiatives musicales et documentaires en développement, "Culture et résistance" : culture comme résistance à l'oppression politique et marchande, et résistance à l'uniformisation et à la marchandisation de la culture. Promouvoir les activités citoyennes d'artistes engagés, soutenir l'expression de cultures menacées, faire connaître l'histoire, la vie, le combat de minorités opprimées : à travers des expériences de "culture équitable", artistes du Nord et du Sud s'associent pour faire vivre des projets générateurs de revenus dont une partie sert des réalisations locales. Désert Rebel, premier volet d’une série qui présentera d’autres expériences musicales à travers la planète, permettra de financer une école de musique créée par des artistes touarègs à Agadès.

Abdallah Ag Oumbadougou, chantre de la rebellion touarègue.
Enfant du Niger postcolonial qui obtient son indépendance en 1960, Abdallah Ag Oumbadougou est né vers 1962 à Tchimoumounème, alors que par des insurrections rapidement écrasées, les Touaregs expriment leur refus d'être considérés comme des citoyens de seconde zone. Il achète sa première guitare à l'âge de 16 ans, apprend en autodidacte à se servir de cet instrument. Pionnier de la guitare électrique au Niger, il compose ses premières chansons librement inspirées des mélodies ancestrales, marquées par l'histoire et la cause du peuple Touareg.
Les sécheresses de 1973 et 1974 anéantissent le pays pendant six ans. Les stocks de produits alimentaires découverts au domicile de ministres de Diori, premier président du Niger et candidat unique soutenu par la France, portent un coup fatal au pouvoir. Diori est renversé lors d'un coup d'État sanglant et Senyi Kountché, un militaire, prend sa place à la tête du pays. Il reste cinq ans au pouvoir avant de s'éteindre à son poste. Le colonel Ali Saibou le remplace, non sans promettre d'instaurer la démocratie et de lancer des réformes, qui ne voient jamais le jour.
Les décennies 70 et 80 sont marquées par les effets de la sécheresse, provoquant un exode massif des jeunes.
En 1984, Abdallah Oumbadougou fait partie des nombreux exilés qui s'expatrient en Libye, où il fonde en 1987 le groupe Tagueyt Takrist Nakal, "Construire le pays", qui appelle à l’unité du peuple Touareg.
Entre 1991 et 1995, ses compositions interdites par les autorités nigériennes se répandent à travers tous les campements de réfugiés du Niger au Mali, en Algérie, au Burkina Faso et en Libye grâce aux cassettes pirates qui circulent clandestinement. Ses chansons en tamashek qui célèbrent l’amour, se plaignent de la dureté de l’exil et de la nostalgie du pays, font naître sa légende à travers le désert. Abdallah, comme ses cousins maliens du groupe Tinariwen, n’hésitera pas à franchir secrètement la frontière pour rejoindre kalachnikov à la main la guerilla opposées aux troupes régulières. Mais ses véritables armes sont avant tout sa guitare et son magnétophone à piles sur lequel il enregistre ses chansons. Les accords de Paix d’avril 1995 permettent son retour d'éxil marqué par un concert à Niamey devant plus de 2000 personnes. Il réalise alors, après toutes ces années d’absence, l'ampleur de sa popularité auprès de tous les Nigériens.

Depuis, Abdallah met à profit sa notoriété pour former les jeunes à la musique et à la guitare : il a fondé avec des amis l'association Takrist N'Tada, "Sauvegarde du patrimoine culturel traditionnel", destinée à promouvoir la culture nigérienne, à aider les jeunes musiciens et à défendre les droits des artistes.
En 2000, il fait construit une première école à Arlit, suivie d’une seconde en 2003 à Agadès, la plus grande ville du nord Niger. Aujourd'hui, la scolarisation est l'objectif principal de nombreux Touaregs, conscients que la survie de leur identité en dépend.



     



jeudi 19 juillet
          ARPAILLARGUES 22h


MAHMOUD AHMED



Histoire d'un crooner éthiopien !
La musique éthiopienne reste encore méconnue, elle qui recèle de véritables trésors, dont l'un des plus fameux artisans se nomme Mahmoud Ahmed. Le vieux griot a marqué l'Afrique de sa patte musicale, créant un style moderne, une sorte de groove électrique made in Africa. Portrait d'un vieux monsieur à la voix suave et à la danse lascive. Mahmoud Ahmed a marqué de manière emblématique l'âge d'or musical de l'Ethiopie, entre 1969 et 1978. Une période où les cuivres, les instruments électriques et les musiques occidentales se sont mêlées aux musiques orientales. En France, il jouit d'une reconnaissance considérable depuis la sortie de l'album Erè mèla mèla en 1986 (label Crammed World). Un album qui, dans le même mouvement, dévoilait au monde l'essence de la musique éthiopienne, récoltait les éloges des professionnels et éveillait l'intérêt du grand public. On ne s'était jusqu'alors que peu penché sur les ressources musicales de l'Ethiopie, sans doute en raison de l'image négative tenace (famines, guerres, etc..) que l'on a longtemps associée à ce pays. Mahmoud Ahmed ce fut l'irruption d'un véritable phénomène, d'un « beat » cuivré et entêtant, comme on en avait encore jamais entendu en provenance du continent africain. Sans oser parler de révolution musicale, il a néanmoins introduit la modernité dans la musique éthiopienne, en inventant une forme de pop urbaine, sorte de transe électrique et funky qu'il n'était pas coutume d'associer à l'Afrique.

Mahmoud Ahmed c'est d'abord une voix, celle puissante et brûlante d'un homme qui ne faiblit pas malgré le défilement des années. On la dirait venue du plus profond de son être, pour s'élever le plus loin possible et envoûter -ensorceler même- le plus parfait novice. Elle semble dotée d'une souplesse sans pareil pour effectuer ces vocalises pentatoniques qui caractérisent le chant du crooner. La complainte de Mahmoud Ahmed suit un rythme répétitif, tel un chant sacré, qui peut évoquer l'appel à la prière du muezzin du haut de son minaret ou encore, rien à voir à priori, la gwerz bretonne. C'est cet ensemble qui rend son écoute hypnotisante et fait opérer le magnétisme. C'est à nouveau le cas avec l'album Aléméyé, une pure représentation de ce mélange d'instrumentation moderne greffée sur un chant traditionnel.

La puissance de Mahmoud Ahmed réside surtout dans son charisme indéniable. Plus qu'un homme de studio, c'est un formidable homme de scène. Tout de blanc vêtu, à l'éthiopienne, arborant même le drapeau de sa patrie en foulard autour du cou, il a la classe, assurément, et on se sent tout petit, emprunt d'un immense respect, face au grand monsieur. Il nous met pourtant rapidement à l'aise, d'un franc sourire qui ne quitte pas ses lèvres. On tomberait presque en pâmoison lorsqu'il effectue la fameuse « danse eskita », un mouvement lascif du torse et des épaules qu'il maîtrise à la perfection, tel un jeune homme cherchant à séduire les belles qui l'entourent. Il use d'une énergie phénoménale pour donner à son public l'envie irrépressible de bouger avec lui et ça paye !
Même si ses plus grandes fans restent
sans nul doute les jeunes africaines se
pressant sur les côtés de la scène,
brûlant sans doute d'y monter à ses cotés,
et qui scandent ses paroles par cœur.

Mahmoud Ahmed
n'a pas de souci à se faire.
Malgré 64 années
au compteur,
le sortilège
opère toujours.



Au début des années soixante-dix, après le règne du négus Haillé Sélassié, l'Ethiopie connaît un âge d'or musical. Les musiciens découvrent les instruments électriques, les cuivres et les musiques venues d'Occident : Soul, Rhythm'n'blues et jazz qu’ils mélangent à des mélopées orientales et des musiques de traditions locales.
Issu d’une famille modeste d’Addis Abeba, Mahmoud Ahmed se passionne très tôt pour le chant. Il a vingt ans, lorsque sa carrière démarre sur un coup de chance. Un soir dans un cabaret, où il officie comme garçon à tout faire, un chanteur manque à l'appel. Mahmoud le remplace au pied levé. Son exceptionnelle aptitude vocale et son talent naturel de showman font tant d'effet qu’on lui propose d’intégrer l'un des groupes vedettes de cette période, "l'Imperial Body Guard". Mahmoud Ahmed devient la coqueluche du "Swinging Addis". Et marque de manière emblématique l’âge d’or musical de l’Ethiopie, entre 1969 et 1978.



dimanche 22 juillet
          AIGALIERS 22h


musique rom de Slovaquie


   
L'ensemble musical des Bartos est l'une des plus anciennes formations de musique traditionnelle tzigane en Slovaquie. Cette communauté est particulièrement présente dans ce pays. Nomades, puis sédentarisés sous un régime totalitaire, ils continuent aujourd'hui comme hier à s'inscrire à la marge de la société. La musique reste un des rares moyens (une des seules voies) par laquelle ils peuvent affirmer leur identité culturelle.
Pour preuve, l'ensemble musical des Bartos fut fondé par le "Roi des musiciens tziganes", ancien vajda, Julius Bartos Suko, décédé en 2006 et enterré avec son violon, "afin que dans le ciel résonne le son de son instrument".
Aujourd'hui ses fils perpétuent cette tradition propre à leur famille, au travers de son répertoire, de son style et restent fidèles à l'oeuvre de leur père.
Cette formation familiale est composée de :

- violons : Bohus, Bohus fils et Milan Bartos
                Francis  
- accordéon : Tibor Bartos
- chant et contrebasse : Slavomir Bartos
- kontras : Lubo Pustaj (contre violoniste)
Leur musique explosive, nourrie d'un tempérament de feu, aux rythmes syncopés, fusionnels, s'embrase et se déchire sur des voix disonantes jaillies des profondeurs de la mémoire orale Tzigane et Slovaque. Une musique crue à l'image de cette région rude et montagneuse de Slovaquie centrale.



mardi 24 juillet
          ARPAILLARGUES 22h


SOEURS FAEZ
de la
CASA DE LA TROVA


Figures principales du collectif cubain,
les sidérantes mamies viennent pour la première fois en petite formation, avec leurs contre-chants tragiques et leurs déclarations rock'n roll. Quelques artistes, une table, une bouteille de rhum et un paquet de Popular... pour une inoubliable leçon de vie !

Casa De La Trova, c'est avant tout le duo des soeurs Faez. Espiègles, drôles, visiblement plutôt heureuses d'être là, elles savent d'autant mieux charmer nos oreilles qu'elles savent particulièrement bien s'entourer.
Accueillis, par un verre de rhum gracieusement offert, on se sent tout de suite chez soi à la Casa De La Trova. Tout bien réfléchi, et même apprécié à sa juste valeur, le petit verre n'y est pour rien. Il y a immédiatement dans ce genre d'ambiance un petit côté familial, un absolu manque de prétention qui vous met à l'aise.
C'est vrai qu'un concert des soeurs Faez, c'est un peu une réunion de famille : la grande famille du son cubain, dans ce qu'elle a de plus touchant. Pas une de celles qui, de père en fils, se transmet l'étendard de la musique populaire cubaine, comme l'est, par exemple, la Familla Valera Miranda. II s'agit plutôt ici d'une famille d'affinités, un regroupement d'idées musicales concordantes, à la manière d'un Buena Vista Social Club, strass et paillettes promotionnelles en moins.
On sait, de qui les soeurs Faez seront entourées cette fois-ci. Mais les deux hermanas laissent toujours de la place pour les amis et s'effacent pour leur laisser le devant de la scène. De toute façon, on ne s'inquiète pas : on le sait par avance, ils seront bons, et cette petite nonchalance, cette absence de stress et d'enjeu autre que musical saura tirer d'eux le meilleur. Donc, pas de soucis, pas d'erreurs ni de mauvaises surprises possibles, on en mettrait sa main au feu.



Quand aux soeurs, puisqu'elles sont, finalement, ne l'oublions pas, les vedettes de la soirée, un petit mot s'impose sur leurs performances vocales. Il ne faut pas s'attendre à la souplesse et à la puissance de jeunes divas, c'est entendu. Mais c'est justement là que réside toute la beauté de leurs voix Altérées par le temps, modifiées en profondeur, en structure, usées. perdues, elles ouvrent justement aux soeurs Faez de toutes nouvelles possibilités. Les accrocs, raclements, l'enrouement occasionnel, les décrochages dans les aigus, bref, tout ce qui, au premier abord, parait limitant, est devenu partie intégrante de leur technique vocale. Elles ont cette étonnante et déroutante capacité à se servir de tous ces défauts comme de nouveaux outils expressifs et musicaux.
Ajoutez à cela la beauté des harmonies vocales, et vous avez l'assurance de passer une excellente soirée.




jeudi 26 juillet
          SAINT SIFFRET 22h


Ensemble BADILA

Un rêve orientaliste
A la croisée des traditions musicales d’Inde, de Perse et d’Afrique, Badila nous invite à un magnifique voyage au cœur des transes sacrées de l’Orient, au pays des Cavaliers Mystiques et du "Qalandar Express".

Imprégnée du Qawwali de Nusrat Fateh Ali Khan, de l’énergie des transes du Kurdistan, ou des rythmiques africaines au groove implacable, leur musique nous transporte, entre héritage et modernité, vers un ailleurs aux contours énigmatiques, au cœur du grand tourbillon des chants, des rythmes et des mélodies de l’Orient mystique.

Faire se croiser au sein d'une même formation deux grandes traditions musicales orientales, en l'occurrence indienne et arabo-persane, quand on est soi-même un Occidental, voilà qui pourrait sembler une gageure. C'est pourtant ce qu'a fait le percussionniste et ethnomusicologue Bastien LAGATTA, pilier de l'Ensemble BADILA.
Avec le concours de musiciens issus de traditions différentes, ainsi que d'une danseuse, il a créé un monde sonore qui fait fi des frontières géoculturelles, réinvente les cultures musicales et dépeint un imaginaire orientaliste dans lequel les influences de l'Islam soufi, de l'hindouisme et de diverses traditions savantes et populaires invitent à vivre la musique comme un véhicule d'appréhension cognitive et de communion spirituelle.
Pluridisciplinaire, BADILA poursuit une quête sonore et émotionnelle à travers une riche palette de timbres, de rythmes et de couleurs, auxquels s'ajoutent sur scène les performances transversales et visuellement éblouissantes de la danseuse Ava FARHANG.


Bastien LAGATTA nous raconte les tenants et les aboutissants de cette singulière aventure qui a mis plusieurs années à se concrétiser et qui se matérialise aujourd'hui avec un premier CD paru chez Arion, Qalandar Express, ainsi qu'avec un spectacle qui a déjà tourné au Yémen et au Pakistan, avant d'atterrir à Marseille, à Paris, en avril dernier, puis à Uzès cet été.





Mame  

Badila signifie « L’Amoureux à fière allure »
et l’on entend épisodiquement ce terme évocateur qui est comme un mot de passe dans les chants du Rajasthan.

Bastien Lagatta, à l’origine du projet, est un amoureux des musiques orientales. Longtemps percussionniste de jazz et de musique contemporaine, ethnomusicologue, il décide un jour de partir dans de longs voyages à la rencontre de musiciens de maintes traditions orales. Il séjourne ainsi en Mauritanie, dans le Sud algérien chez les Touaregs puis en Lybie. Le désert et ses musiques le fascinent.
Muni d’une Bourse de la Ville de Paris, il se rend au Pakistan, puis dans le désert de Thar au Rajasthan ainsi qu’à Bénarès où il apprend le tabla.
On le retrouve aux confins de l’Ethiopie où il enregistre des peuplades de la Vallée de l’Omo, puis en Erythrée, au Yemen et en Iran.

C’est dans la capitale yéménite qu’il enregistre en mars 2004 les « Chants d’Amour des Cavaliers Mystiques » sur l’invitation du directeur du Centre Culturel français, avec l’aide de CulturesFrance (ex-AFAA). Dans cette ville magique, chacun des musiciens se trouve dans un pays qui lui est étranger ; ainsi aucun n’est avantagé en baignant dans sa propre culture.
Le groupe tourne alors dans le pays puis au Pakistan, enfin en France en octobre 2006.

Dans cette rencontre originale Bastien Lagatta se sert de la tradition pour l’amener vers des espaces plus imaginaires et novateurs. Les dastga de la Perse répondent aux ragas de l’Inde, tandis que le feu vocal du chanteur manghanyar est atténué par la douceur poétique du chanteur iranien.
Le soufisme et l’hindouisme communient par des chants ardents et mystiques. Le mot mystique est ici appréhendé dans un sens d’ouverture et de réceptivité à l’autre, dans la quête de soi à travers l’autre. Il s’agit d’un essai pour creuser et voyager dans une voie où le maître mot est Liberté. Il s’agit aussi de la recherche d’un son, d’une émotion, qui participeraient d’un voyage vers la connaissance de soi. Cette expérience peut être bouleversante, parfois violente.
(origine du texte: Christian Ledoux)





dimanche 29 juillet           REMOULINS à partir de 21h
NOCHE DEL ARTE FLAMENCO

dimanche 29 juillet           REMOULINS à partir de 21h
Rafael UTRERA
Il est né à Utrera (Séville), en 1973 , et il commence à chanter dès l'âge de 9 ans. Par la suite, il chante dans les compagnies de Joaquin Cortes, Javier Baron, el Guito et Manolete et comme soliste, il chante avec Tomatito et Gerardo Nuñez. Il a été finaliste au concours de chant de la 11è Biennale de Flamenco de Séville (2000). Il réalise également plusieurs tournées mondiales parmi lesquelles nous citerons celle qu'il a réalisée avec Paco de Lucia avec le spectacle "Septeto", celle avec Antonio Canales; tournée mondiale également avec Cristina Hoyos avec le spectacle "Arsa y Toma" et, plus tard avec le spectacle "Al compas de Jerez"; autre tournée mondiale avec Tomatito Sextet.




Il est chanteur soliste dans de nombreux concerts dont "Lorca" avec l'Amsterdam Metropol Orchestra.



dimanche 29 juillet
          REMOULINS après 21h





Il s’appelle Carmona, comme ses lointains cousins de la dynastie des Habichuelas de Grenade, tous guitaristes. Ses ancêtres étaient maîtres forgerons à Malaga, mais sa famille va émigrer en Afrique du Nord et c’est à Lyon qu’il va naître, en 1963, un an après l’exil. Juan a tout juste 10 ans lorsque son père lui offre sa première guitare. Sa virtuosité est vite repérée par les professionnels et il ne tardera pas à collectionner les prix internationaux.
    Juan Carmona éprouve vite le besoin de rejoindre la terre de ses ancêtres pour renouer avec ses racines et s’abreuver à la source, Jerez de la Frontera en Andalousie, avec une ambition folle : faire reconnaître l’originalité de son art dans cette ville considérée comme le berceau du flamenco. Pari gagné. Il côtoie et accompagne pendant plus de huit ans les plus grands noms du flamenco, s’imprégnant de leur savoir : les chanteurs Agujetas, Duquende, Terremoto Hijo, Capuyo de Jerez, Rubichi, Antonio y Manuel Malenas, Jesus Monje (frère de Camaron de la Isla), José Mendez… ; les danseurs Joaquin Grilo, Maria del Mar Moreno, Ana Parilla, Angelita y Joselito Vargas, Joselito Fernandez et enregistre avec Chano Dominguez, Rubem Dantas, Manolito Soler, Tino di Geraldo, …

    Il remporte le grand prix du concours international de Jerez de la Frontera en 1988 ; est finaliste des concours de guitare de la Union et de Cordoba ; reçoit en 1989 le diplôme de la fondation flamenca de Jerez décerné par le guitariste Manolo Sanlucar ; remporte en 1990 le prix de la Villa Médicis Hors Les Murs et le trophée Don Antonio Chacon décerné par sa peña flamenca ; devient titulaire du prix Lavoisier en 1992 et enfin, consécration ultime : il gagne le premier prix du concours de Madrid de Paco de Lucia en 1994. A son long palmarès de concerts, récompenses et collaborations artistiques, il faut ajouter une particularité unique : un triomphe définitif en Espagne et surtout en Andalousie, pour ce gitan d’origine française. Tout un bouleversement pour le monde du flamenco en Andalousie.







    Juan Carmona fait partie des meilleurs guitaristes et compositeurs de la nouvelle génération flamenca. Sa musique empreinte de rencontres présente la culture des Suds, bien au-delà des frontières du monde gitan et de la Méditerranée. Toujours en quête d’originalité, l’artiste ouvre, avec cette nouvelle œuvre, les portes de la philharmonie au Flamenco.

    Dès son retour d’Espagne en 1996, après avoir accompagné les plus grands chanteurs et danseurs flamencos et avoir conjugué ses talents à ceux de musiciens d’horizons musicales très diverses (musiques traditionnelles, musiques du monde, jazz, …), Juan Carmona décide d’impulser un tournant à sa carrière.

    Dans le flamenco, la guitare a toujours été un instrument d’accompagnement pour le chant et la danse, sa force puisant plus dans le rythme que dans l’harmonie.

    A contre-pied, la particularité de Juan Carmona demeure dans une musique empreinte d’une grande richesse harmonique. Au cours de son travail d’écriture, lorsque Juan Carmona compose une falseta (variation), il n’entend pas seulement le son des 6 cordes de sa guitare mais tout un orchestre…

    Commence alors la genèse d’une nouvelle ère musicale pour ce guitariste novateur : il se lance dans la création d’une œuvre pour orchestre symphonique afin de donner à sa musique toute son ampleur et lui apporter une dimension nouvelle et originale.

    L’idée est séduisante mais périlleuse : provoquer la rencontre entre deux univers que tout semble opposer, la musique classique dite « savante » et la musique flamenca, qui repose essentiellement sur la tradition orale.

    Innovant et inattendu car pour la première fois les mondes de l’écrit et de l’oral s’entrecroisent et s’enivrent de sons orientaux, andalous et symphoniques.




    Juan Carmona fait part de son projet à Victor Puhl, chef d’orchestre du Brandenburgische Philarmonie Orchestra de Postdam (Allemagne) et lauréat de la fondation Lord Yehudi Menuhin, toujours à l’affût d’expériences nouvelles et osées, dont le souhait est de sortir la musique classique de son conservatisme. Le « bémol » : malgré son long palmarès de prix et de récompenses (1er Prix Paco de Lucia, 1er Prix du Concours International de Jerez de la Frontera, Prix Villa Médicis Hors Les Murs, …) Juan Carmona, comme la grande majorité des artistes flamencos, ne connaît pas le solfège.

    Il manque donc un trait d’union, un « traducteur musical » entre ces deux langages pour coucher l’œuvre sur le papier. C’est au cours des ateliers croisés organisés par l’A.M.I. que Juan Carmona rencontre Rachid Regragui, Directeur de l’orchestre de la Garde Royale du Maroc, dont la connaissance de la musique traditionnelle et de la musique classique est un atout considérable pour ce projet.

    S’ensuivent alors de nombreuses rencontres entre Marseille et Rabat, où les artistes recourent à une méthode tout à fait singulière : la vidéo. Rachid relève la musique que Juan Carmona lui interprète afin de la retranscrire. Cette technique insolite incite l’artiste à entrer dans l’univers de l’écrit et de l’improvisation maîtrisée et lui permettra de mieux mémoriser son œuvre.

    Victor Puhl intègre l’œuvre à son répertoire et programme la Sinfonia Flamenca le 6 mai 1999 au Théâtre Postdam en Allemagne.

    Les répétitions s’avèrent plus difficiles que prévues. L’obstacle majeur : la complexité rythmique du Flamenco et sa difficulté d’interprétation car l’essentiel ne se trouve pas écrit sur la partition mais relève du ressenti : le duende ne s’écrit pas et ne s’apprend pas. Un véritable choc culturel pour les musiciens classiques.

    L’énorme succès remporté lors de cette représentation a convaincu l’artiste Juan Carmona de poursuivre l’écriture de son œuvre. La réussite de ce projet : aujourd’hui plus d’une dizaine d’orchestres étrangers et français parmi les plus prestigieux ont interprété la Sinfonia Flamenca.


mardi 31 juillet
          ST QUENTIN LA POTERIE 22h


OFFICINA ZOE
PIZZICAS DES POUILLES


Créé en 1993, le groupe Officina Zoé se consacre depuis plus de dix ans à la « pizzica », musique traditionnelle du Salento, région située à l'extrême pointe méridionale des Pouilles (Italie du Sud).
Officina Zoé est aujourd'hui reconnu comme le groupe phare de cette tradition grâce à un travail fait dans le profond respect de la tradition, mais avec la volonté de la revivifier par des compositions originales, nourries de la personnalité musicale des interprètes, profondément attachés à leur terre et à cette région qu'ils vivent au quotidien.
Révélé au grand public par le succès du film « Sangue Vivo » dont ils ont été les principaux acteurs et musiciens à l'écran, le groupe est aujourd'hui devenu leader d'un véritable phénomène de société en Italie séduisant notamment, le public des jeunes qui y trouve toute l'énergie d'un rituel collectif dans lequel se mêlent pareillement tradition et extraordinaire modernité.
Leur nouvel album CRITA, est sorti en France en mai 2006

À propos du TARANTISME

Le tarantisme affecte dans la région du Salento des hommes et plus souvent des femmes qui, piquées par une tarentule, se sentent littéralement possédées par cette araignée. Elles sont prises de convulsions, de fièvre et d'une irrésistible envie de se déchaîner, danser......
Pour guérir ces tarantate des musiciens dits Capi attarantati les font danser sur des airs de pizzica : ils déterminent l'espèce de tarentule qui aurait piqué la femme tarantata (ou l'homme) et, en fonction de leur diagnostic, recourent à des rubans dont la couleur est censée agir sur le psychisme de la possédée et jouent une pizzica tarantata (ainsi pour l'air de la tarantola dell'amore, les musiciens utilisent des rubans rouges et interprètent une pizzica en sol).
Il s'agit d'un véritable rituel de possession avec transe thérapeutique, à l'origine très ancienne; le rite fut " découvert " en 1959 par l'ethnologue Ernesto de Martino, et George Lapassade en reprendra l'étude dans son essai sur la transe, publié en 1976.
Cette danse libératoire des tarantate peut s'étaler sur plusieurs jours, voire des semaines, jusqu'au moment où Saint Paul de Galatina, leur protecteur, leur accorde sa grâce : exemple typique de syncrétisme où l'Église catholique a dû intégrer les croyances remontant à la période pré-romaine
Le 29 juin de chaque année, toutes les tarantate se retrouvent traditionnellement à Galatina pour remercier Saint Paul tout en revivant, dans la chapelle de l'église, leur possession.

BIOGRAPHIE

Cinzia Marzo est sans doute aujourd'hui une des plus belles voix de la tradition musicale du Salento. Autodidacte, elle est née à Capo di Leuca, l'extrême pointe méridionale du Salento, où la tradition du chant est encore bien vivante.
Très jeune, après des études au Lycée artistique de Lecce, elle rencontre Lamberto Probo, de retour de Berlin où il avait étudié la musique la danse et le théâtre, et Donatello Pisanello, passionné d'accordéon diatonique. Ils sont tous habités par le même désir, celui de retrouver leurs propres racines dans la tradition musicale du Salento. Ainsi naît Officina Zoé, qui signifie littéralement laboratoire de création, et qui va très vite devenir très célèbre en Italie.
C'est dans les vieux cafés et dans les fêtes de village, comme au sein de leur propre famille qu'ils enrichissent leurs connaissances et le répertoire que depuis ils chantent ensemble sur les scènes italiennes et internationales. Un répertoire qui au fur et à mesure s'est imprégné de leur propre personnalité. Officina Zoé ne fait pas seulement revivre passionnément d'anciens chants qui risquaient de tomber dans l'oubli, mais est auteur aussi de compositions originales En effet, au sein des activités du laboratoire d'Officina Zoé, le groupe rencontre Edoardo Winspeare, jeune réalisateur salentin aux plusieurs origines. Après avoir réalisé le documentaire "San Paolo e la tarantola", Edoardo Winspeare tourne son premier long-métrage, "Pizzicata", pour lequel il invite Officina Zoé à composer les musiques et à y interpréter des rôles. Sorti en 15 pays, "Pizzicata" gagne de nombreux prix, et sort en salle en France aussi.
Pour son deuxième long-métrage, "Sangue Vivo", Edoardo Winspeare fait appel encore à Officina Zoé. Cinzia Marzo et Donatello Pisanello vont composer les musiques originales. Le vrai protagoniste du film est encore la pizzica, mais ancrée dans la réalité de l'Italie du Sud d'aujourd'hui. Inspiré par la vraie vie du tambourineur Pino Zimba, le film est interprété par celui-ci et Lamberto Probo, le film gagne de nombreux prix, dont I Antigone d'or au Festival du Cinéma Méditerranéen de Montpellier. Les musiques originales du film gagnent le "Grolla d'Oro" au Festival International de Musiques de Film de Saint Vincent et l'album "Sangue Vivo" gagne la nomination du Nastro d argento au prestigieux Prix Tenco (meilleur disque en dialecte de l'année).
Cinzia Marzo compose ensuite les musiques pour la pièce de théâtre " L'Ora di Tutti", mis en scène par Pamela Villoresi,
En 2004 elle compose toujours avec Donatello Pisanello les musiques originales du dernier film d'Edoardo Winspeare "Il Miracolo'' présenté à la 60° édition de La mostra Internazionale del Cinema de Venise. qui suscitent un grand enthousiasme de public et de critique. L'album sort en Italie avec EMI. Le nouvel album de Officina Zoé "CRITA" est sorti en France en mai 2006


LE REPERTOIRE

La musique populaire du Salento est l'héritière d'une tradition où les influences culturelles sont devenues des apports "naturels", résultant des siècles de domination les plus diverses, mais surtout des échanges avec d'autres peuples de la Méditerranée. Pendant des siècles, cette région a été le carrefour des mondes latin et grec: non seulement Athènes, Rome ou Byzance y ont laissé des traces profondes, mais aussi l'Islam et l'Espagne, ou encore les civilisations nomades. C'est ce mélange complexe d'influences culturelles qui caractérise les chants et les pizziche du groupe Officina Zoé.
Leur répertoire est composé de chants de travail, de chansons d'amour en dialecte et en grec salentin (un ancien dialecte de cette région dérivé du grec ancien), de chants de révolte, et surtout de pizziche de core (du coeur) et pizziche tarantate.
D'origine très ancienne, la pizzica tarantata est traditionnellement liée aux rites de guérison de la piqûre de la tarentule, véritables expériences de trance provoquée par le rythme incessant et obsessionnel des tambourins. Mais la pizzica c'est aussi la grâce et la sensualité de la chasse amoureuse mise en scène par la pizzica de core, ou le tragique du duel à mort que se livrent deux hommes armés de couteaux dans la pizzica scherma. Ces deux danses dérivent des mêmes rythmes que la pizzica tarantata, dont elles gardent la force libératrice et le charme antique.
Par la percussion obsédante du tambourin, joyeuse mais aussi tragique, les mouvements des mains rapides et incessants, les musiciens se réapproprient des gestes enfouis et oubliés, renouent avec la pratique d'une culture ancestrale. Il s'agit d'un chemin à rebours, d'un rythme survécu à toute modernisation jusqu'aux racines culturelles et psychiques les plus variées, sédiments d'une histoire millénaire, prêtes à dégager leur force restée intacte, mais en même temps renouvelée à chaque expérience.

DISCOGRAPHIE

1996 Terra (auto-produit)
1997   Pizzicarella (AA.VV - Compilation Olis Music)
2000   Sangue Vivo (CNT.IT - L'Autre Distribution) 2004     Il Miracolo (EMI)
2005   CRITA (Polo Sud) sortie en France en mai 2006
Invité par le prestigieux Prix Tenco à Sanremo, leur CD Sangue Vivo est sélectionné parmi les meilleurs albums en dialecte de l'année 2000.
Sélection Womex - Berlin 2000 et Womad Palermo 2001
Sur le site : www.officinazoe.com il est possible d'écouter des extraits des différents albums que le groupe a enregistrés.